dimanche 5 novembre 2017

Concert de chant de tradition monastique de Valaam à Paris

Le Centre culturel et spirituel russe (1 quai Branly, 75007, Paris) accueille la chorale du célèbre monastère russe de Valaam connu pour son exceptionelle et harmonieuse tradition vocale. Valaam, archipel d’une cinquantaine d’îles, figées six mois par an dans les glaces de l’immense lac Ladoga, abrite le plus ancien monastère de Russie. Fondé selon la tradition au XIe siècle, la prière du monastère de Valaam s’est interrompue pendant près de 50 ans, lorsque le régime communiste expulsa les moines de l’île dans les années 1940. Mais en 1989, six moines accostent à Valaam, pour restaurer une vie monastique dont le fil a été brisé. Désormais le monastère renaît de ses cendres et rayonne par la profondeur de la prière et par la particularité de sa tradition musicale emplie de sérénité, de paix et d’harmonie. Reservation de billets se passe ici.

Art vocal sacré et théologie. Saints hymnographes et mélodes byzantins par P. Michel Quenot


Michel Quenot, « Art vocal sacré et théologie. Saints hymnographes et mélodes byzantins »
Recension par Jean-Claude Larchet sur orthodoxie.com


Michel Quenot, Art vocal sacré et théologie. Saints hymnographes et mélodes byzantins, Éditions Orthdruk, Bialystok (Pologne), 2017, 200 p., 78 illustrations en couleur.
L’archiprêtre Michel Quenot est bien connu pour son abondante production de livres relatifs à l’iconographie orthodoxe. C’est du chant liturgique orthodoxe qu’il nous parle dans ce nouveau livre, mais sa thématique habituelle n’en est pas pour autant abandonnée: il établit de manière récurrente un parallèle étroit entre l’art sacré du chant et l’art sacré de l’icône, montrant bien les analogies, les similitudes et les points de rencontre entre ces deux éléments constitutifs et caractéristiques dans leurs formes respectives, des services liturgiques de l’Église orthodoxe.
Il existe en français très peu de livres sur le chant liturgique, et encore moins d’études qui font le lien entre le chant et l’iconographie. Ce livre retient d’autant plus l’attention.
On ne trouvera pas ici de considérations techniques – qui d’ailleurs, en ce qui concerne le chant spécifiquement byzantin auquel s’intéresse essentiellement l’auteur, sont assez complexes – mais une réflexion profonde sur ce qu’est et doit être le chant pour répondre à ses finalités dans le cadre liturgique (le problème de l’adéquation des moyens avec la fin se posant ici de manière aussi aiguë que dans le domaine de l’iconographie). La question est d’importance car, rappelle l’auteur, « comme les couleurs, les sons et les paroles agissent sur nous. La musique et le chant nous informent, nous forment et nous transforment. Ils apaisent, élèvent, dynamisent, ennoblissent, réconfortent mais peuvent aussi distraire, endormir, perturber et pervertir. C’est assez dire leur importance dans la vie quotidienne mais aussi spirituelle, et par conséquent dans l’Église. » Mais en dehors de son aptitude à produire sur l’âme les effets spirituels positifs souhaitables, le chant liturgique doit aussi remplir correctement son rôle de support à la prière, tant par sa forme musicale que par sa capacité à porter adéquatement les paroles de demande ou de louange.
C’est dans le premier chapitre surtout, intitulé « De la théologie en couleur à la théologie en poésie et en musique » que l’auteur établit le parallèle éclairant entre le chant liturgique et l’icône. Il écrit notamment : « Les compositeurs de musique sacrée – musique qui répond à des canons particuliers et ne saurait être confondue avec la musique religieuse –, répondent aux mêmes exigences que les iconographes. Il leur revient prioritairement d’éviter la confusion entre le psychique et le spirituel, sachant que l’être humain adopte plus facilement une musique en lien avec ses passions. Une musique liturgique authentique s’inspire de l’ascétisme de l’Église sans pour autant la réduire à cela. De même que l’iconographe ne saurait – à l’inverse de l’artiste – donner libre cours à son imagination, assujetti qu’il est aux canons de l’Église forgés par la tradition, ainsi l’hymnographe et le mélode évoluent dans un cadre précis, dicté par la fidélité au message proclamé. Cet encadrement, loin de brider la créativité, permet de mieux développer la structure et de varier le rythme. Comment ne pas être frappé par l’harmonie entre le texte poétique et la musique, la correspondance rythmique et mélodique à l’atmosphère des fêtes et des différents offices, le souffle spirituel omniprésent ? »
Dans le deuxième chapitre l’auteur évoque la présence du chant dès les premiers temps de l’Église, avant d’analyser son évolution au cours des siècles, tout en montrant la continuité qui caractérise cette évolution. Il rappelle que l’Église a toujours exclu l’usage d’instruments pour remplacer ou accompagner le chant. Il en donne comme raison première le lien qu’avait dans les premiers siècles la musique instrumentale avec les cérémonies païennes, mais cette raison ne nous paraît pas fondamentale: le chant était bien évidemment lui aussi l’objet d’un usage profane, et il était possible à l’Église de spiritualiser la musique instrumentale de la même manière qu’elle avait spiritualisé le chant. La vraie raison est que la voix humaine est le plus parfait des instruments, qu’elle est naturelle et à été créée par Dieu, et qu’il convient d’offrir à Dieu ce qu’il y a de meilleur, Lui rendant liturgiquement les dons qu’il nous a faits. La même raison d’ailleurs explique pourquoi dans les Églises orthodoxes, et selon les recommandations canoniques des conciles (notamment le concile in Trullo), le chant n’est pas assuré par tous mais par un petit nombre de fidèles compétents qui sont en la matière le meilleur de la communauté tout en représentant celle-ci dans sa totalité. L’auteur ne manque d’ailleurs pas de le remarquer par la suite, ajoutant que la compétence du chantre n’est pas seulement technique, mais aussi et surtout charismatique.
Soulignant les vertus du chant spécifiquement byzantin, l’auteur regrette les dérives qui, à partir du XVIIIe siècle ont entraîné le chant liturgique en Russie loin des formes canoniques qui y avaient jusque-là été préservées: « Malheureusement, Pierre le Grand provoque un grand tournant dans l’Église russe qui bouleverse tout. Dans sa frénésie de moderniser la Russie par une occidentalisation à outrance, il intervient outrageusement dans les affaires de l’Église dont il sape la tradition. L’introduction d’éléments hétérogènes conduit à un appauvrissement de la tradition théologique avec une répercussion manifeste dans l’iconographie et la musique liturgique. La peinture de la Renaissance exerce une influence catastrophique qui conduit à une iconographie de style italianisant. Le recours au naturalisme dans l’icône la réduit progressivement à une peinture religieuse, ce qu’elle ne saurait être. Sans entrer dans les détails ici, disons que le déclin amorcé s’est répercuté jusqu’à nos jours où l’on assiste cependant à un renouveau réjouissant. Tout aussi désastreux sont les changements initiés au niveau de la musique liturgique. Le despote engage des musiciens occidentaux auxquels il confie des postes clefs avec pour résultat l’introduction de la musique polyphonique, aujourd’hui bien ancrée dans l’Église orthodoxe russe et dans d’autres Églises-sœurs slaves. Non pas qu’il faille bannir cette musique d’une beauté indéniable, mais reconnaissons que le monde a ainsi fait son entrée dans l’Église à travers une musique trop souvent composée selon des règles étrangères avec un fort appel aux émotions. » Il faudrait cependant ajouter qu’à côté de la polyphonie complexe des auteurs profanes, l’Église russe a préservé (et privilégie dans la plupart des paroisses) la polyphonie du chant obikhod, plus simple et plus populaire), et redécouvre aussi les formes anciennes du chant znamenny, proche du chant byzantin.
Le chapitre 3 présente de manière simple la nature de la musique byzantine, en rappelant les temps forts de son élaboration. L’auteur remarque: « Dans le but d’exprimer l’être profond – n’oublions pas que le son a partie lié avec l’intériorité – le chant byzantin ne repose pas sur un système de notes, autant de sons séparés et programmés, mais sur des inflexions vocales associées à un rythme développé avec les paroles. ses formules permettent des associations avec ce que la mémoire retient au tréfonds de l’être. Le rythme, quant à lui, correspond à celui de la poésie. »
Le chapitre 4 approfondit la question de la relation du chant et de la musique avec la vie spirituelle, rappelant que l’un est l’autre peuvent avoir des effets négatifs ou positifs sur l’âme, et que la visée du chant liturgique est d’élever l’esprit vers Dieu en préservant son mouvement de toute dispersion et de tout élément passionnel, et en lui permettant ainsi d’exercer au mieux sa fonction contemplative et unitive.
Le chapitre 5 s’intéresse à la structure de l’hymnographie de tradition byzantine entendue au sens large (livres liturgiques, composition des canons, nature des tropaires et des kondakia…) et à l’évolution de la notation.
Les chapitres suivants, qui occupent près des deux tiers du volume, présentent les principaux mélodes (auteurs d’hymnes liturgiques) et leurs représentations iconographiques. Si certains d’entre eux sont très connus comme Éphrem le Syrien, Romain le Mélode, Sophrone de Jérusalem, André de Crète, Jean Damascène, Cosmas de Maïoum, Théodore Studite, Joseph l’Hymnographe, Théophane le Marqué, d’autres le sont moins, comme Anatole de Constantinople, Étienne le Sabaïte, Clément l’Hymnographe, André Pyros l’Aveugle, Métrophane de Smyrne, Jean Mavropous… Ce n’est pas le moindre mérite de l’auteur d’avoir accordé la place qu’il leur revient à un certain nombre de femmes hymnographes peu (re)connues comme Cassiane, Théodosia la Mélode ou Thékla la Mélode.
Comme dans toutes les publications antérieures de l’auteur, on trouvera ici une abondante iconographie très bien choisie.
On ne peut que recommander ce livre, l’un des meilleurs ouvrages de vulgarisation sur le chant liturgique conçu dans sa dimension essentielle: sa nature et sa fonction spirituelles.

vendredi 27 octobre 2017

samedi 30 septembre 2017

Divine Liturgie - chant selon les manuscrits recomposés du 17ème siècle


Liturgie divine "missionnaire" de saint Jean Chrysostome avec commentaire du protodiacre Andrei Kuraev.
Chant selon les manuscrits recomposés du 17ème siècle.
Célébrant: Mgr Ambrosy - Recteur de l'Académie théologique de Saint-Pétersbourg, Cathédrale Saint-Isaac, Saint-Pétersbourg, 14 juillet 2012

dimanche 14 mai 2017

LA MUSIQUE ORTHODOXE par le Métropolite Hilarion Alfeyev

 […] L’exposé de Mgr Hilarion [dans son livre Image de l’Invisible. L’art dans l’Église orthodoxe, Éditions Sainte-Geneviève, Épinay-sous-Sénard] se révèle particulièrement précieux dans la troisième partie, consacrée à la musique, sur laquelle on trouve dans la littérature moins de documents que sur l’architecture et l’iconographie. L’auteur fait bénéficier le lecteur de sa grande compétence en la matière puisque, avant de devenir moine et de s’élever dans la hiérarchie ecclésiastique, il mena pendant une quinzaine d’années des études musicales au plus haut niveau.
Dans la liste des grands compositeurs de musique liturgique et religieuse qu’il présente (et qui comporte entre autres les noms de Lvov, Lomakine, Glinka, Bortnianski, Tchaïkovski, Rimski-Korsakov, Kastalski, Arkhangelski, Tchesnokov, Rachmaninov, Gretchaninov, Troubatchev et Sviridov) il faudrait – ce que sa modestie l’empêchait de faire – ajouter son nom, car il est, dans le domaine de la musique liturgique et religieuse polyphonique, l’auteur d’une œuvre déjà considérable et d’une qualité qui égale celle des plus grands compositeurs. Parmi ses œuvres liturgiques les plus connues (dont existent des enregistrements sur CD diffusés en Russie, et divers enregistrement vidéo), on peut citer: « La Divine Liturgie » et « Les Vigiles », à quoi l’on peut ajouter, parmi les œuvres non liturgiques mais d’inspiration religieuse: « La Passion selon saint Matthieu », un « Oratorio de Noël », un « Stabat Mater », et diverses compostions réunies dans un CD intitulé « Lumière passée et future ».
L’intérêt du Métropolite Hilarion pour le chant polyphonique russe moderne ne le conduit pas à dévaloriser le chant traditionnel znammeny (dont il a fortement soutenu la renaissance en Russie), ni a ignorer les formes musicales des autres Églises locales qui sont également présentées dans ce volume. À noter qu’il garde même une certaine distance critique par rapport au chant polyphonique sophistiqué qui reste très présent dans les grandes églises (qui emploient de manière aberrante des chœurs professionnels dont certains membres sont non croyants), puisque de même que le P. Georges Florovsky parlait d’une « captivité de Babylone » à propos de la théologie russe du XIXe et du début du XXe siècle, Mgr Hilarion déplore avec raison que « les normes esthétiques de la “captivité italienne” (c’est-à-dire des XVIIIe-XIXe siècles) continuent à dominer le répertoire des chorales ».
La partie du livre consacrée à la musique se termine par un chapitre original et intéressant sur les cloches qui, comme le note l’auteur dans son introduction, produisent « la seule forme de musique instrumentale non seulement universellement admise par l’Église orthodoxe, mais faisant partie intégrante de sa liturgie ». […] 






 […] Ce livre de Mgr Hilarion Alfeyev (métropolite de Volokolamsk, président du Département des relations extérieures du patriarcat de Moscou) est le troisième volume d’une série présentant divers aspects de l’Église orthodoxe. Les deux premiers volumes (L’Orthodoxie, vol. I, Histoire et structures canoniques de l’Église orthodoxe et L’Orthodoxie, vol. II, La doctrine de l’Église orthodoxe), ont été publiés respectivement en 2009 et 2012 aux Éditions du Cerf. Il était prévu que les volumes suivants y paraissent aussi, mais la nouvelle direction ayant drastiquement réduit la publication de livres orthodoxes, l’auteur a dû migrer chez un autre éditeur, lequel en l’occurrence a fait un beau travail de présentation, proche de l’édition originale publiée à Moscou par le monastère de Sretenski.
Comme l’indique son sous-titre, l’ouvrage traite de « l’art dans l’Église orthodoxe » et comporte trois parties: 1) L’architecture des églises orthodoxes; 2) L’iconographie orthodoxe; 3) La musique liturgique. […] 

(source : extraits de la recension de Jean-Claude LARCHET parue sur le site orthodoxie.com )

samedi 1 avril 2017

ACATHISTE À SAINTE MARIE D'ÉGYPTE (slavon)


Acathiste à notre Mère parmi les Saints Marie l’Egyptienne

Kondakion 1

En l’an douzième de ton âge tu t’enfuis* Pour éviter les corrections de tes parents*Tu te rendis dans la ville d’Alexandrie* Et tu vécus longtemps une vie de débauche* Avant que le Seigneur ne t’appelle vers Lui* Tu allas vers le Ciel où nous te disons :
Réjouis-toi, ô Sainte Marie l’Egyptienne !

Ikos 1

Prise dans le péché comme dans une gangue* Tu te livras aux plaisirs et crimes du corps* Oubliant jusques au souvenir du Seigneur* Mais l’Ami des hommes attendait patiemment* Tu Le rencontras, Le suivis et nous clamons :

Réjouis-toi, Bourgeon qui fleurit au désert
Réjouis-toi, Bouquet de vertus admirables
Réjouis-toi, Graine germée au sol du Christ
Réjouis-toi, Greffon de grâce florifère
Réjouis-toi, Floraison de la repentance
Réjouis-toi, Jardin des vertus de l’ascèse
Réjouis-toi, ô Sainte Marie l’Egyptienne !

Kondakion 2

Voyant un jour de nombreux voyageurs au port* Tu t’enquis de leur destination et appris* Qu’ils étaient en partance pour Jérusalem* Pour fêter l’exaltation de la Sainte Croix* Tu partis avec eux et nous chantons vers Dieu : Alléluia !

Ikos 2

Ton but n’était pas de faire pèlerinage* Mais de te livrer à ta perverse nature* Tu entraînas dans ton péché de nombreux hommes* Et tu souillas de tes actes la Terre Sainte * Mais c’est ton repentir qui nous fait te clamer :

Réjouis-toi, Emule de la Madeleine
Réjouis-toi, Modèle pour tous les pécheurs
Réjouis-toi, Résipiscence bienheureuse
Réjouis-toi, Regret transfiguré en grâce
Réjouis-toi, Remords qui conduit vers les Cieux
Réjouis-toi, Pénitence qui mène au Christ
Réjouis-toi, ô Sainte Marie l’Egyptienne !

Kondakion 3

Lorsque vint dans la Ville Sainte le moment* De révérer au Sépulcre de notre Christ* La Croix vénérable qui porta notre Vie* Tu voulus avec la foule entrer au Saint Lieu* Pour y chanter à pleine voix vers le Seigneur : Alléluia !

Ikos 3

Mais une secrète force te prévenait* D’aller avec les pèlerins dans le Saint Temple* Tout le monde pouvait monter vers le salut* Toi seule restais sur le parvis de la Grâce* La Lumière vint en ton âme et nous disons :

Réjouis-toi, Qui par la Croix sauvas ton âme
Réjouis-toi, Qui trouvas la Vie au tombeau 
Réjouis-toi, Louange des pécheurs qui doutent
Réjouis-toi, Voie du retour vers le Seigneur
Réjouis-toi, Bonne pour tous les égarés
Réjouis-toi, Emblème du pardon de Dieu
Réjouis-toi, ô Sainte Marie l’Egyptienne !

Kondakion 4

Le repentir saisit ton âme pécheresse* Tu vis l’horreur de ta vie de malignité* Tes yeux se muèrent en fontaines de larmes* Au souvenir des ténèbres de ton passé* Devant ta conversion les anges s’exclamèrent : Alléluia !

Ikos 4

Près de l’icône sainte de la Toute Pure* Tu épanchas ta peine et l’horreur de ta vie* Consciente de l’égoût de ton impureté* Tu imploras Son aide prompte pour ton âme* Et la litanie des saints se mit à clamer :

Réjouis-toi, Prière ardente de la foi
Réjouis-toi, Preuve de la Miséricorde
Réjouis-toi, Force de la pure oraison
Réjouis-toi, Certitude d’être entendue
Réjouis-toi, Propitiation des ascètes
Réjouis-toi, Extinction de toutes passions
Réjouis-toi, ô Sainte Marie l’Egyptienne !

Kondakion 5

Tu demandais que par Sa sainte intercession* LaVierge Toute Bénie t’accorde de voir* L’Arbre salutaire de notre rédemption* Promettant de renoncer à ta vie malsaine* Pour l’amour du Christ vers Qui nous nous exclamons : Alléluia !

Ikos 5

Personne oncques ne fit appel à Elle en vain* Dans Son amour et sa miséricorde insignes*
La Mère des croyants intercédas pour toi* Auprès de Son Fils et notre Dieu bienveillant*
Et les Anges du Ciel se prirent à clamer :

Réjouis-toi, Qui rejetas tout ton passé
Réjouis-toi, Qui imploras la Vierge Pure
Réjouis-toi, Qui fus digne de Son amour
Réjouis-toi, Adhésion pure à l’Essentiel
Réjouis-toi, Réalisation de la Grâce
Réjouis-toi, Regard tourné vers le seul Christ
Réjouis-toi, ô Sainte Marie l’Egyptienne !

Kondakion 6

Tu promis renonçant aux choses de ce monde* De te mettre sur la Voie que t’indiquerait* Notre Avocate infaillible auprès du Seigneur* Lors tu entras dans l’Eglise du Saint Sépulcre*
Pour louer Dieu avec les autres pèlerins : Alléluia !

Ikos 6

Sortant de l’Arche du Salut tu demandas* A la Vierge bénie de t’indiquer la Voie* Et dans ton âme soudain une voix te dit* Que tu devais aller au-delà du Jourdain* Et les Ermites se réjouirent chantant :

Réjouis-toi, Qui ne revins pas en arrière
Réjouis-toi, Qui répondis à Son appel
Réjouis-toi, Promesse de miséricorde
Réjouis-toi, Icône du renoncement
Réjouis-toi, Rectitude d’engagement
Réjouis-toi, Enthousiasme de la métanie
Réjouis-toi, ô Sainte Marie l’Egyptienne !

Kondakion 7

N’emportant que trois pains tu partis au Jourdain* Arrosant tout au long le chemin de tes larmes* Et par cette douce rosée de repentance* Ton âme aride commença à refleurir*
Tandis que dans ton cœur résonnait l’éternel : Alléluia !

Ikos 7 

Tu lavas tes mains et ton visage au Jourdain* Laissant dans les eaux du Baptême du Seigneur* Les guenilles pécheresses de ton passé* Puis tu allas au Monastère du Prodrome* Te confesser et communier et nous te disons :

Réjouis-toi, Regard tourné vers l’Avenir
Réjouis-toi, Clôture du seul nécessaire
Réjouis-toi, Brebis retrouvée par le Maître
Réjouis-toi, Agnelle du troupeau divin
Réjouis-toi, Ombre de la Grâce au désert
Réjouis-toi, Fleur pénitente du Jourdain
Réjouis-toi, ô Sainte Marie l’Egyptienne !

Kondakion 8

Ayant communié aux Saints et Divins Mystères* Tu fus régénérée dans ton âme et dans ton corps* Et gardant au cœur une douce componction* Tu t’engageas plus avant au sein du désert* Et la cohorte des élus clama vers Dieu : Alléluia !

Ikos 8

Quarante-sept ans tu vécus dans la solitude* Pratiquant l’ascèse du corps et de l’esprit* Et tu livras aux démons des combats terribles* Pendant dix-sept années remplies d’épreuves dures*
Et les ascètes d’autrefois chantaient pour toi : 

Réjouis-toi, Temple de Dieu de chair et d’os
Réjouis-toi, Richesse du dépouillement
Réjouis-toi, Combat vainqueur contre la nuit
Réjouis-toi, Victoire acquise sur les sens
Réjouis-toi, Oubli de soi dans la prière
Réjouis-toi, Chœur des vertus érémitiques
Réjouis-toi, ô Sainte Marie l’Egyptienne !

Kondakion 9

Tu vécus de racines et d’herbes sauvages* Et tes seuls habits tombant bientôt en lambeaux* Tu ne fus vêtue que de soleil et de vent* Et de la seule robe d’innocence d’Eve* Lorsqu’en Paradis elle louait Dieu disant : Alléluia !

Ikos 9

Tu savais que l’on peut vivre de la Parole* Et tu vécus de cette Parole incarnée* Dans la communion de prière avec le Christ* Ignorant saintement faim soif froid et chaleur* Tandis que les justes exultaient en clamant :

Réjouis-toi, Contemplation du seul vrai Bien
Réjouis-toi, Sagesse du silence orant
Réjouis-toi, Enfant qui retrouva le Père
Réjouis-toi, Existence offerte au seul Fils
Réjouis-toi, Vase d’élection de l’Esprit
Réjouis-toi, Solitude habitée par Dieu
Réjouis-toi, ô Sainte Marie l’Egyptienne !

Kondakion 10

Ainsi tu purifias ton corps par cette ascèse* Le rendant transparent à l’amour du Seigneur* Tu fus sans discontinuer en Sa présence* Une Apparence humaine habitée par la Grâce* Un souffle dans le désert psalmodiant sans cesse : Alléluia !

Ikos 10

Un jour apparut saint Zossima dans ta vie* Apprenant les miracles du Christ pour ton âme* Il fut émerveillé de l’amour fou de Dieu* Mais tu lui fis promettre de cacher au monde* Les merveilles qui nous font t’acclamer ainsi :

Réjouis-toi, Parvis de l’espoir des fidèles
Réjouis-toi, Intercession pour les pécheurs
Réjouis-toi, Piété nue devant le Seigneur
Réjouis-toi, Humilité devenue Femme
Réjouis-toi, Oratoire humain du désert
Réjouis-toi, Prière instante devant Dieu
Réjouis-toi, ô Sainte Marie l’Egyptienne !

Kondakion 11

Tu fis au saint moine le récit de ta vie* Lui parlant avec franchise de ton passé* Il vit avec bonheur dans ton cheminement* La grande miséricorde de notre Dieu* Pour ceux qui se repentent et s’exclament vers Lui : Alléluia !

Ikos 11

Dans les sables du désert par l’amour du Christ* Et par les grands exploits du combat ascétique* Tu transformas la boue de ta vie de débauche* En diamant très pur pour la gloire du Seigneur* Et ce découvrant,,, saint Zossima s’exclama :

Réjouis-toi Subtile alchimie de la Grâce
Réjouis-toi Offrande au Soleil de Justice
Réjouis-toi Mesure de l’ascèse sainte
Réjouis-toi Garde sainte de l’Essentiel
Réjouis-toi Dépouillement devenu or
Réjouis-toi Abondance du dénuement
Réjouis-toi Sainte Marie l’Egyptienne ! 



Kondakion 12

L’an suivant saint Zossima vint te communier* Tu récitas le Cantique de Syméon* Et partageas avec lui un dernier repas* Lui enjoignant de venir à nouveau vers toi* Au prochain Carême où on loue Dieu en disant : Alléluia !

Ikos 12

Lorsqu’il revint ne te trouvant pas il pria* Et Dieu le mena vers ton corps incorrompu* Et il sut qu’un an plus tôt tu allas au Christ* Après avoir reçu Son corps immaculé* Il leva les yeux aux Cieux et se mit à dire :

Réjouis-toi, Colonne de la tempérance
Réjouis-toi, Autel de la frugalité
Réjouis-toi, Tabernacle du seul Seigneur
Réjouis-toi, Holocauste agréable à Dieu
Réjouis-toi, Offrande du corps et de l’âme
Réjouis-toi, Encens fragrant qui monte au ciel
Réjouis-toi, ô Sainte Marie l’Egyptienne !

Kondakion 13

Zossima enterra tes reliques bienheureuses* Que les bêtes sauvages n’avaient point touché* Il sut que tu avais rejoint ton Maître Christ* Pendant la journée du Grand et Saint Vendredi* Tandis que tous les chrétiens chantaient vers leur Dieu :
Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !
(Ce kondakion est dit trois fois.)

Ikos 1

Prise dans le péché comme dans une gangue* Tu te livras aux crimes et plaisirs du corps* Oubliant jusques au souvenir du Seigneur* Mais l’Ami des hommes attendait patiemment*
Tu Le rencontras, Le suivis et nous clamons :

Réjouis-toi, Bourgeon qui fleurit au désert
Réjouis-toi, Bouquet de vertus admirables
Réjouis-toi, Graine germée au sol du Christ
Réjouis-toi, Greffon de grâce florifère
Réjouis-toi, Floraison de la repentance
Réjouis-toi, Jardin des vertus de l’ascèse
Réjouis-toi, ô Sainte Marie l’Egyptienne !

Kondakion 1
En l’an douzième de ton âge tu t’enfuis* Pour éviter les corrections de tes parents*Tu te rendis dans la ville d’Alexandrie* Et tu vécus longtemps une vie de débauche* Avant que le Seigneur ne t’appelle vers Lui* Tu allas vers le Ciel où nous te disons :
Réjouis-toi, ô Sainte Marie l’Egyptienne !


Prière à notre Mère Parmi les Saints Marie l’Egyptienne

O Sainte Marie l’Egyptienne* Pénitente accomplie auprès du Seigneur* Apprends-nous le repentir que tu manifestas tout au long de ta vie* Donne-nous de voir notre péché* Et de trouver le chemin du retour vers Dieu* Enseigne-nous la ferveur du Don total que fut ta vie bienheureuse* Dans le désert de notre vie viens nous visiter comme Saint Zossima le fit pour toi* Et apporte-nous une parole de Vie pour que nous renoncions au néant du monde* Et que par le signe de la Croix Vénérable qui marqua le début de ton cheminement vers la Lumière* Nous soyons ajoutés à la liste des pénitents en partance pour le Ciel* Dans le désert aride de notre cœur viens intercéder pour nous* Nous apprenant que nul pécheur n’est abandonné du Christ pourvu qu’il se convertisse et qu’il vive dans Son Amour ineffable*
O Sainte Marie l’Egyptienne* Dans l’exil volontaire de nos manquements* Dans l’oubli où le péché nous plonge* Intercède pour que nous revenions promptement vers le salut* Et que sans discontinuer nous fassions mémoire de Dieu * Afin d’être éclairés par Sa seule Grâce* Amen !

Acathiste composé en l’honneur 
de notre Mère parmi les Saints 
Marie l’Egyptienne 
et pour la gloire de l’Eglise du Christ
Par Claude Lopez-Ginisty


Icône de Sainte Marie l'Égyptienne
Fin et Gloire à notre Dieu !

dimanche 19 mars 2017

Dimanche de la Vénérable et Vivifiante Croix



TA CROIX Ô MAÎTRE, NOUS LA VÉNÉRONS 
ET TA SAINTE RÉSURRECTION NOUS LA GLORIFIONS !

samedi 4 mars 2017

Ton image immaculée… Apolytikion du dimanche de l'Orthodoxie



Ton icône immaculée 
nous vénérons ô Très Bon
en implorant le pardon de nos multiples péchés
ô Christ notre Dieu
Car, dans ta volonté, tu as daigné,
en ta chair monter sur la croix
pour délivrer ceux que Tu as créés
de l'esclavage de l'ennemi 
Aussi, reconnaissants, nos te crions :
Tu as rempli tout l'univers de joie, Notre Sauveur,
en venant apporter le salut au monde