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samedi 7 mars 2009

St Cosmas le Mélode


Né à Damas, Cosmas le Mélode, le Moine, de Jérusalem, ou encore de Maï ouma, devait appartenir à une famille pauvre. Il fut adopté, encore jeune, par le père de Jean Damascène, alors haut fonctionnaire chrétien du calife arabe de Damas, et fut élevé avec Jean par un asekretis (fonctionnaire impérial), captif originaire de Constantinople, précepteur et hymnographe. Vers 726, il entre, avec Jean, à Saint-Sabbas, près de Jérusalem, un monastère de grand rayonnement regroupant des moines grecs, syriens, arméniens et coptes. Il est ordonné évêque de Maïouma, petite ville proche de Gaza, vers 734. Défenseur des icônes au temps du premier iconoclasme, dédicataire de la Source de la connaissance de Jean Damascène, Cosmas est, avec ce dernier et An dré de Crète, à la base de la renaissance hymnographique des VIle et VIlle siècles, qui vit paraître le nouveau genre du canon. Mort à Maïouma, il fut rapidement canonisé (fêté d'abord le 15 janvier, puis le 14 octobre). 

Ample et de grande pérennité, son œuvre est faite de nombreuses hymnes pour les offices des cycles fixe et mobile de l'année liturgique. Ses canons sont ainsi consacrés aux grandes fêtes - Noël, la Théophanie, la Dormition de la Vierge, l'Exaltation de la Croix, la Sainte Rencontre, le Samedi de Lazare, le Dimanche des Rameaux, etc. De plus, la Semaine sainte, dans le rite byzantin, est couverte en majorité par ses œuvres. Ses canons, à deux, trois, quatre ou neuf odes, sont souvent ornés d'acrostiches; leurs odes (sauf les hirmos) ont un nombre variable de tropaires, deux ou trois. Cosmas a aussi écrit des idiomèles (tropaires ayant leurs tons propres) pour plusieurs fêtes: Théo phanie, Sainte Rencontre, Annonciation, Transfiguration ... Il a également laissé des commentaires sur les passages difficiles des poèmes de Grégoire de Nazianze. 
Liés à une haute vision théologique et mystique, les textes de Cosmas sont im prégnés de l'Écriture et de la doctrine des plus éminents Pères de l'Église. 
Modelé surtout par la poésie de Gré goire de Nazianze, son style, proche de ce lui de Jean Damascène mais plus volontiers archaïque, joue des contrastes et des assonances auxquels se prête particulièrement la langue grecque. Son langage assez austère, sa composition complexe mais rigoureuse et un contenu théologique dense rendent sa poésie majestueuse mais d'accès assez difficile. Sans imitateurs, il fut abondamment commenté, notamment par Michel Psellos, Grégoire de Corinthe, Théodore Prodromos. 
Sa haute renommée spirituelle le fit louer dans de nombreuses Vies de Saints. Il partage avec le seul Romanos le qualificatif de « mélode " dans la tradition ecclésiale.

lundi 15 septembre 2008

Le cycle hebdomadaire des 8 Tons



Une tradition rapporte que c’est Saint-Jean de Damas (mort en 760) qui a mis en place le système de musique utilisé dans l'Église orthodoxe. Il est dit qu'il a conçu une échelle ascendante et descendante, avec les voix dans les octaves. A partir de cette échelle, il a adopté huit tons, qu'il appelait «les principaux tons." Puis il a élaboré les différents tons, créant plusieurs musiques pour chacun. En fait, si Saint-Jean a développé de nombreux chants et cantiques pour les services et a écrit de la musique pour eux, les huit tons existaient bien avant son époque - en provenance de l'Eglise primitive, probablement à Jérusalem ou à Antioche. Le système consiste, comme on peut le déduire de l’appellation «Huit Tons», en huit modes ou formes autour des desquels sont construites des mélodies. Traditionnellement, ensuite, la musique d'église de l'Eglise orthodoxe a été fondée sur ces huit tons, organisés en deux groupes de quatre : a). Les tons 1, 2, 3 et 4. b). le ton 5 (parfois appelé premier plagal), le ton 6 (parfois appellé second plagal), le ton 7 (également appelé ton grave), et le ton 8 (parfois appelé quatrième plagal).


Plusieurs formes coexistent: le "Chant byzantin" est utilisé partout au Moyen Orient, et le "Chant Russe» est utilisé dans la plupart des pays slaves, mais il y a un échange considérable de musique entre églises . A l’ouest on trouve aussi un système à huit tons dans le chant liturgique des différentes traditions.

Chaque semaine a son ton propre. C’est le samedi soir, la veille du dimanche de Saint-Thomas de la période pascale que commence le cycle des tons avec le ton 1. De semaine en semaine, la séquence se poursuit à travers les différents tons de 1 à 8, le passage à un nouveau ton se faisant chaque samedi soir. Les différents textes des hymnes et des chants, pour le ton de chaque semaine, se trouvent dans un livre liturgique appelé le l’Octoèque ( Mot grec qui signifie «huit tons). Les textes des hymnes et des chants pour les fêtes fixes se trouvent dans le livre des Ménées et pour la période du Grand Carême pascal dans les livres liturgiques appelés le Triode et le Pentecostaire [le livre pour les cinquante jours entre Pâques et la Pentecôte] sont fixés pour les différents tons, et ceux-ci ne correspondent pas, sauf coïncidence,avec le ton ordinaire de la semaine. Evidemment si toute l’Orthodoxie utilise la même répartition en huit tons, la manière dont ces tons sont chantés varie d'une Église orthodoxe à l'autre.