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mardi 15 avril 2014

Tropaire de Cassienne




Κύριε, ἡ ἐν πολλαῖς ἁμαρτίαις περιπεσοῦσα γυνή,

τὴν σὴν αἰσθομένη θεότητα, μυροφόρου ἀναλαβοῦσα τάξιν,

ὀδυρομένη, μύρα σοι, πρὸ τοῦ ἐνταφιασμοῦ κομίζει.

Οἴμοι! λέγουσα, ὅτι νύξ μοι ὑπάρχει, οἶστρος ἀκολασίας

ζοφώδης τε καὶ ἀσέληνος ἔρως τῆς ἁμαρτίας.

Δέξαι μου τὰς πηγὰς τῶν δακρύων,

ὁ νεφέλαις διεξάγων τῆς θαλάσσης τὸ ὕδωρ·

κάμφθητί μοι πρὸς τοὺς στεναγμοὺς τῆς καρδίας

ὁ κλίνας τοὺς οὐρανοὺς τῇ ἀφάτῳ σου κενώσει.

Καταφιλήσω τοὺς ἀχράντους σου πόδας,

ἀποσμήξω τούτους δὲ πάλιν τοῖς τῆς κεφαλῆς μου βοστρύχοις·

ὧν ἐν τῷ παραδείσῳ Εὔα τὸ δειλινόν,

κρότον τοῖς ὠσὶν ἠχηθεῖσα, τῷ φόβῳ ἐκρύβη.

Ἁμαρτιῶν μου τὰ πλήθη καὶ κριμάτων σου ἀβύσσου

τίς ἐξιχνιάσει, ψυχοσῶστα Σωτήρ μου

Μή με τὴν σὴν δούλην παρίδῃς, ὁ ἀμέτρητον ἔχων τὸ ἔλεος.


Seigneur, la femme tombée en tant de péchés 
a senti ta Divinité, s'est faite myrrhophore 
Eplorée, elle T'apporte la myrrhe
avant ton ensevelissement 
Hélas, dit-elle, je suis dans la nuit 
dans la folie de la débauche, 
dans les noires ténèbres sans lune
de la passion de la débauche
Reçois les flots de mes larmes 
Toi qui de l'eau de la mer
fais monter les nuées  
Penche Toi vers les sanglots de mon cœur 
Toi qui as incliné les cieux 
dans ton ineffable dépouillement 
J'embrasserai tes pieds très purs 
je les essuierai avec les cheveux de ma tête 
Au Paradis, au crépuscule
entendant leur pas dans le soir 
Eve eut peur et se cacha
Qui découvrira la multitude
de mes péchés, les abîmes de tes jugements
mon Sauveur qui délivres les âmes ?
Ne méprise pas ta servante, 
Toi qui as l'incommensurable miséricorde.

lundi 24 mai 2010

REMARQUES SUR LE CANON DES DÉFUNTS ÉCRIT PAR Ste CASSIENNE DE CONSTANTINOPLE

Extrait de l'étude de Tatiana A. Sénina ("moniale" Kassia) de Saint Petersbourg dont on peut lire l'intégralité ICI
"Parmi les oeuvres hymnographiques de la célèbre poétesse byzantine S. Cassia qui nous sont parvenues il y a un canon des défunts. Il a été édité par K. Krumbacher d’après le manuscrit Cod. Crypt. Г. β. V fol. 1v–6,1 et traduit en anglais par A. Tripolitis ;2 récemment, j’ai fait une traduction du canon en slavon et en russe, avec des commentaires.3
Je voudrais ici faire quelques remarques sur les théotokions de ce canon. Ces tropaires ne s’inscrivent pas dans l’acrostiche et ne sont pas originales : Cassia les a pris tous, à l’exception du théotokion de la 9ème ode, des canons différents qui se trouvent même à présent dans les livres liturgiques. I. Rochow l’a déjà noté mais elle a estimé faussement que le théotokion de la 5ème ode est né sous la plume de Cassia ;4 en fait il coïncide presque entièrement avec celui de la 5ème ode du 2ème canon (du 8ème ton, ainsi que le canon écrit par Cassia) à l’archistratège Michel, le 8 novembre aux matines. Comparons :5
         
(1) К. Krumвacher, Kasia, Sitzungsberichte der philosophisch-philologischen
und der historischen Classe der k.b. Academie der Wissenscha􀄞 en (1887) He􀄞 . 1.
347–356. Ici je cite le canon d’après ce􀄴 e édition.
(2) A. Tripolitis, Kassia: the Legend, the Woman, and her Work (New
York—London, 1992) (Garland Library of Medieval Literature. Serie A, 84)
88–105.
(3) Монахиня Кассия (Т. А. СЕНИНА), Канон об упокоении усопших,
творение св. Кассии Константинопольской, dans : История и теория куль-
туры в вузовском образовании, вып. 4 (Новосибирск, 2008) 211–226.
(4) I. Rochow, Studien zu der Person, den Werken und dem Nachleben der
Dichterin Kassia (Berlin, 1967) (Berliner Byzantinische Arbeiten, 36).
(5) Les divergences sont en italique.

Canon des défunts
Ἐν δυσὶ τελείαις ἕνα σε γινώσκο-
μεν φύσεσι κύριον, ἐνεργείαις
ἄμφω καὶ θελήσεσιν ὄντα
ἀσύγχυτον, τὸν Υἱὸν τοῦ Θεοῦ,
ἐκ γυναικὸς λαβόντα σάρκα, ἧς
τὴν θέαν τιμῶμεν τοῖς πίναξιν.6

Canon à l’archistratège Michel
Ἐν δυσὶ ταῖς οὐσίαις, ἕνα σε γι-
νώσκομεν Θεὸν τῆς κτίσεως,
ἐνεργείας ἄμφω, καὶ θελήσεσιν
ὄντα ἀσύγχυτον, τὸν Υἱὸν τοῦ
Θεοῦ, ἐκ γυναικὸς σάρκα λαβό-
ντα, ἧς τὴν θέαν τιμῶμεν τοῖς
6 7 πίναξιν.7

  
Les ménées grec et slavon indiquent que le canon à l’archistratège Michel a été écrit par le moine Jean,8 mais l’acrostiche de ses théotokions donne le nom Κλήμεντος, ce qui est noté dans le ménée grec et n’est pas noté dans le ménée slavon. En réalité, ce canon est sorti tout entier de la plume de S. Clément l’Hymnographe qui vivait à l’époque des deux périodes de l’iconoclasme.9 [...]  lire la suite ICI