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mardi 30 mars 2010

COMPOSITRICES BYZANTINES (3° partie) : "la fille de Ioannes Kladas", Palaeologina...

Une femme compositeur byzantine pour laquelle nous avons une référence musicale unique est identifiée comme «la fille de Ioannes Kladas ». La composition musicale unique et référencée de cette compositrice apparaît à Athènes, MS 2406, folio 258v. (Une transcription musicale publiée par cet écrivain est disponible in College Music Symposium, volume 24, (Spring, 1984), p. 64.) La compositrice est identifiée par son nom patronymique et les relations du compositeur avec le patriarche de la famille, suivant l'antique tradition grecque de l'identification des femmes respectables. Il est intéressant que, dans la seule référence à cette compositrice aucun prénom ou nom chrétien n’est indiqué. Dans les cas où les membres masculins d'une famille sont cités, un nom donné est habituellement inclus dans une relation familiale. De cette référence, il apparaît que la fille de Ioannes Kladas était probablement connue en tant que psalte et compositrice. Sa renommée, cependant, n'est pas aussi grande que celle de son père, qui était un compositeur de premier plan de chant byzantin de la fin du XIVe siècle connu comme "Le Lampadarios" ou Maistor de Sainte-Sophie de Constantinople.
Sur la base de la durée de vie connue de Ioannes Kladas, on peut considérer que la composition par sa fille, aurait pris naissance au cours de la fin du XIVe ou au début du XVe siècle. La composition est incluse dans une section du manuscrit qui contient une collection de compositions par Ioannes Kladas.La sélection attribuée à la fille est un chant mémorial honorant la mémoire de son défunt père.

Une hymnographe byzantine du nom de Palaeologina aurait vécu au XVe siècle.Cette Hymnographe était évidemment une femme aristocratique de bonne éducation,de la famille impériale de la dynastie des Paléologue qui régna de 1259 à 1453. On suppose que Palaeologina a été religieuse dans l'un des monastères de Constantinople. C’est pour le monastère qu'elle a composé des Canons, dont seuls les textes ont survécu.

lundi 29 mars 2010

COMPOSITRICES BYZANTINES (1° partie) : Cassienne et les autres -introduction



"Des manuscrits de musique liturgique ont survécu en grand nombre, mais l'anonymat était si honoré à Byzance que les noms des compositeurs étaient souvent omis, en particulier dans les sources anciennes. Pour les compositrices, l'anonymat est peut-être observé au cours de périodes plus tardives, car elles ont probablement voulu être jugées par le mérite de leur musique et non par leur sexe. L'absence de compositions attribuées ou signées par des femmes pourrait aussi résulter de la réticence des scribes grecs. Tout au long des périodes médiévales de l'Orient comme de l'Occident, les scribes grecs prenaient rarement en compte les noms ou les informations sur les compositeurs eux-mêmes. A Byzance les noms des compositrices qui ont survécu étaient associées exclusivement au chant liturgique. Ces femmes étaient toutes lettrées et ceci quel que soit leur statut social, des classes moyennes aux classes supérieures. À l'exception d’une seule elles étaient toutes des religieuses: Martha, mère de Siméon le Stylite, Theodosia, Thekla, Kassia, Kouvouklisena et Palaeologina. La seule pour laquelle nous n'avons aucune connaissance est référencée sous le nom de la fille de Ioannes Kladas.

Parmi ces femmes dont les noms sont mentionnés dans des sources comme des compositeurs de chants byzantins, seule la musique de Kassia et la fille de Ioannes Kladas est conservée dans des manuscrits. Comme seule nous est parvenue la musique de ces deux femmes hymnographes, on peut se demander si les autres femmes, ont écrit de la musique pour les textes de leurs poèmes liturgiques. La plupart de ces femmes ont été hymnographes religieuses qui ont écrit leurs compositions liturgiques pour les utiliser dans leurs monatères. On pense que ces compositions liturgiques ont été psalmodiées, lors des offices liturgiques dans toute la Byzance médiévale. Les hymnographes byzantins hommes, comme Romanos le Mélode et Jean de Damas écrivaient traditionnellement les paroles et la musique.Toutefois, si les femmes composaient leur propre musique ou employaient des contrafacta (musique préexistante) est un point de débat."
(à suivre)
(extraits de "Kassia" de Diane Touliatos-Banker-
Traduction et adaptation en français par Maxime Le Minime)